dinsdag 19 april 2011

1992 Hama (vertaling: Bernard de Coen)

Cet été-ci des algues tournent
sur les moulins à eau de Hama.
Souvenirs déchiquetés ?
Le vieil aqueduc ne s’en débarrassera
plus. Où oncques gisait le guéret
la consolation d’un poster old Hama :
c’est Assad, père et fils
et 30.000 morts. Regarde leur
croissance explosive,
proliférant sur une année
dont se tait la cité.

Comme un enfant qui se sent pris sur le fait,
vingt ans plus tard :
mémoire collective,
attendant mon stop.

Une charrette, cahin-caha,
sans destination
Le répertoire fixe du conteur populaire
que n’a vu personne
Quelque part je le trouverai,
raconte le Lonely Planet.
Son monde entr’ouvert
invite. Comme la fenêtre.

Ailleurs, aliénées :
deux vieilles personnes
dans un mobil-home près de l’Oronte.
Des Belges pardi.
Elle épluche une petite pomme,
lui fait le récit,
par bribes et morceaux.

*

La haine est demeurée suspendue, comme un disque,
en incompréhension, comme un souvenir en soupçon craintif,
comme de la bière émoussée après l’heure de fermeture,
tandis que le pluie hurle sur le trottoir
et que le trottoir devient lentement feuilles
d’une désert ivre à chameau chancelant
d’un soupçon craintif.
Comme un disque qui coince le muezzin geigne
que tu es mort, comme les brebis égarées
au soleil méridien tardif. Aucun berger à l’horizon
aussi loin que tend l’histoire, et c’est plus loin
que ton omerta. A la réalité illisible
appartient un journal arabe aux sons étranglés
et des arabesques pour la frime, avec de petits verres de nescafé
aux frais du parti Baath.
La haine est demeurée suspendue, sur la rive de l’Oronte,
dans mon désert hypothermique, à air conditionné
dans la réflexion du grand minaret
qui ce matin encore prit en claironnant congé de mon ancien amour.